Samedi :
On se rappelle que la veille, je suis allée chez maman pour le rendez-vous chez le dentiste. Papa2 n’allait déjà pas très bien. Je suis donc passée à la pharmacie pour voir ce qu’il pouvait prendre en combinaison avec ses médicaments. J’ai même fait un horaire précis pour les doses afin que maman ne se mêle pas.
Samedi matin, maman m’appelle pour me dire que Papa2 allait vraiment mal, qu’il avait de la difficulté à respirer. Je lui dis d’appeler l’infirmier en bas pour qu’il monte au plus vite, mais je ne trouvais pas son numéro. Maman, confuse, pensait que j’allais les conduire à l’hôpital. Non, maman… il devait partir en ambulance. Sinon, il aurait attendu des heures assis sur une chaise à l’urgence.
Je suis donc partie au plus vite, en lui disant d’attendre, que je m’en venais. En arrivant devant chez elle, le téléphone sonne : elle était déjà partie avec lui en ambulance. J’ai donc viré de bord pour me rendre à l’hôpital.
Papa2 a été pris en charge immédiatement — par chance, parce qu’il n’allait vraiment pas bien. À 94 ans, on s’entend que les chances ne sont pas de son côté. Oui, il est fort, mais quand ça touche le cœur et les poumons, il n’y a plus vraiment de contrôle. Il est fragile de ce côté-là : chaque fois qu’il est malade, ça descend directement dans ses poumons.
Ils l’ont stabilisé et isolé dans une chambre, au moins il n’était pas sur une civière au beau milieu de l’urgence… qui était complètement débordée. C’était l’enfer. Le personnel ne savait plus où donner de la tête. Alors Bibi, ici, s’est occupée de lui du mieux qu’elle a pu.
Ça a été une très grosse journée. Nous sommes partis après qu’il ait reçu sa deuxième dose de Tamiflu et qu’ils lui aient installé un soluté pour la médication de ses poumons. Il a de l’eau sur les poumons, comme on s’y attendait. De l’eau sur les poumons et un soluté, c’est extrêmement dangereux. On a donc dû avoir la conversation difficile : jusqu’où on va avec les soins? Si ça se dégrade, où est-ce qu’on arrête?
Papa2, lui, voulait tout, absolument tout. Nous, non. Parce que s’il y avait de l’acharnement thérapeutique, il ne reviendrait jamais comme avant… Lui, il se bat pour maman. C’est lui qui l’aide au quotidien, qui la dirige, qui lui rappelle de manger, de se laver, de prendre ses médicaments. Il vérifie qu’elle ferme les ronds du four, et tout le reste.
Ce n’est vraiment pas évident, je vous jure. Elle se croit comme avant, mais juste pour aller aux toilettes — à cinq secondes de la chambre à l’hôpital — elle se perd. Ça la fâche quand je prends le contrôle des soins. Elle veut le faire elle-même, mais je sais qu’elle va oublier.
Bref… on est partis très inquiets, mais on avait besoin de se reposer et de le laisser se reposer aussi.
Dimanche :
De l'insomnie mais pas trop longtemps. On a pris un café, préparé nos choses et nous sommes partis chercher maman. Comme d'habitude, elle n'était pas prête même si je l'ai appelé 1h30 avant, j'ai dû monter la chercher. M'assurer qu'elle a tout.
Lundi :
À 4 h 20, j’étais réveillée. Tant qu’à ça, aussi bien me lever. La maison était burk. On avait prévu de ranger les décorations vendredi–samedi, de finir de remettre en ordre les choses du réveillon… sans parler du ménage, des planchers et du lavage qui débordait de partout.
Alors, avant même d’avoir pris mon café, je lavais déjà les fontaines hyper dues des chats, je leur coupais les griffes — elles aussi trop dues. Vaisselle, rangement des décos de Noël dans la cuisine et la salle à manger, le peu de vaisselle qui restait… Je vais demander aux gars de passer la balayeuse.
Après ça, café. Relaxer un peu. Parce qu’une autre grosse journée m’attendait.
Je suis arrivée tôt pour aller chercher maman et lui faire prendre sa douche. Elle dit qu’elle est capable, mais c’est Papa2 qui l’aide pour ne pas qu’elle tombe. Elle dit qu’elle est capable de tout… mais elle ne l’est plus. Elle perd l’équilibre, elle se cherche, elle oublie. Elle ne cuisine plus — elle qui cuisinait tant, qui adorait ça. Chaque fois que je fais quelque chose, elle me dit : je suis capable, je vais le faire. Elle vivait pour ses livres de cuisine; maintenant, plus rien.
Je lui avais fait deux salades vendredi pour ne pas perdre la bouffe. J’étais pas mal certaine que j’allais devoir les jeter… et effectivement.
Et des fois, elle est correcte, hein… mais pas longtemps.
Hier soir, mon mari me dit dans l’auto :
« Non mais elle est donc ben têtue, ta mère… »
Parce qu’elle me disait : On y va encore demain?
Ben oui maman, on ne laissera pas Papa2 seul.
Ok, mais tu n’as pas besoin de venir, je vais y aller en autobus.
Mon mari a failli sauter une coche. Ben oui! À -1000 dehors, de la glace partout, on va vous laisser prendre l’autobus et le métro pour aller à l’autre bout de la ville? Voyons donc. Elle dit qu’elle est capable…
Sérieusement, cette fuck#%% de maladie, je la déteste.
Maman a pris sa douche, ses cheveux étaient propres. J’ai vidé le frigo, jeté tout ce qui n’était plus bon (les salades, évidemment). Un peu de ménage dans la cuisine. Je suis aussi repartie avec une partie de son lavage; j’en apporterai d’autre les prochains jours. Elle n’a pas de laveuse-sécheuse dans son appartement, elle doit descendre en bas.
J’ai pris la décision d’engager quelqu’un pour faire leur ménage. Papa2 ne sera plus capable, et maman non plus. J’ai regardé un peu : ils font leur possible, c’est potable, mais un gros ménage s’impose. Au début, elle buckait. J’ai tenu mon bout. Maintenant, c’est elle qui m’en parle, qui me dit qu’elle n’est plus capable de faire les grosses choses — le bain entre autre, you know.
L’hôpital m’avait déjà parlé des soins à domicile pour Papa2 au retour, incluant le ménage. On verra, mais je veux leur trouver quelqu’un qui fera le gros chaque semaine.
On est ensuite partis pour l’hôpital.
Papa2 est maintenant dans une chambre. Il a encore eu une très grosse nuit. Maudit que c’est long… Il a eu peur de ne pas nous revoir. Il est tombé sur une infirmière du tonnerre : elle l’a pris en charge rapidement, les médecins ont réagi vite et lui ont redonné une dose pour faire éliminer l’eau sur les poumons.
Quand je suis arrivée, il me disait qu’il n’était pas capable d’uriner, mais finalement il en a fait plusieurs fois. Il est très restreint sur tout ce qu’il peut boire, tous liquides confondus, mais ce qui sort, c’est l’eau des poumons. On le prend.
Ils l’ont assis pour dîner; juste changer de position, ça lui a fait un bien énorme. Ça l'a fait dégagé beaucoup.
On est partis plus tôt. Il n’y a pas de place pour s’asseoir dans la chambre, et après deux journées complètes à l’urgence, ça devient vraiment fatigant.
En arrivant à la maison, tout ce que je voulais, c’était m’asseoir et relaxer avec mes émissions. J’ai juste parti une brassée de lavage. Le souper était prévu, et fiston avait fait la salade.
En soirée, j’ai pris des nouvelles de Papa2. Il allait mieux. Il avait uriné un beau 1,5 litre. Yesss. Sa respiration commence à s’améliorer.
Je suis tellement fatiguée. Mon sommeil est bof. Je me suis réveillée à 6 h 30. Café, et go. J’ai plié deux brassées de linge, planifié le souper. J’ai déjeuné, puis je m’apprêtais à m’habiller pour aller chercher maman quand elle m’a appelée.
Ma tante y va aujourd’hui, alors on n’ira pas.
Bon. OK.
Ça défait mes plans, parce que j’avais prévu ne pas y aller demain puisqu’ils annoncent du mauvais temps. Pas grave… je vais faire quelques affaires ici et essayer de me reposer. J’ai beaucoup de difficulté à ne rien faire, parce qu’il y a tellement à faire. Mais mon corps me parle, et ce n’est pas fini, les visites et le fait de m’occuper d’eux. Il n’est pas sorti du bois. Même s’il obtenait son congé, pour l’instant, il ne tient pas sur ses jambes.
J’ai terminé de ranger les décorations de Noël — vraiment contente. Il va juste rester le sapin pour en fin de semaine. J’ai fait la salle de bain, deux brassées de lavage… donc j’ai plié quatre brassées aujourd’hui, lol. Au moins, je suis à jour là-dessus. J’ai repassé la balayeuse, rangé l’entrée : il y avait encore tous les tapis et le rack à bottes qu’on sort quand on reçoit. Ça fait du bien, lol.
En après-midi, j’ai relaxé. J’ai rattrapé mes YouTubeuses — j’étais en retard. J’ai aussi parlé avec ma tante de papa2… et il ne va pas mieux. Il est comme hier. Il a presque rien mangé pour dîner, lui qui mange habituellement full pine. Ça m'inquiète.






Je pense à vous! Courage! xx
RépondreSupprimerMerci beaucoup ma belle xxx
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